Alice Planes joue avec humour le rôle d’artiste et le rôle de femme contemporaine.

En passant librement d’un médium à un autre, l’artiste réalise ses pièces en utilisant la sculpture, la vidéo, le graphisme et la performance sans corrompre le style de son travail. C’est de l’ironie qui surgit de son œuvre nous menant aisément dans son monde fait d’actes et des matériaux quotidiens. Des sacs “Tati”, un déodorant spray, des pillules contraceptives, sont les petits détails de la vie d’une jeune femme “moderne”. La céramique devient le paradigme de la cuisine : la création d’un objet de terre cuite suit le même procédé qu’une préparation culinaire. La pâte est malaxée, étendue, cuite au four et glacée ainsi comme dans la préparation d’un gâteau.

Le personnage qu’elle met en scène dans ses court-métrages vidéo, représente une femme reifié par la société qui mêle son espace intime à l’espace publique. On la voit graffer invisiblement les murs avec une bombe de déodorant, ou laisser des tags au rouge à lèvres sur les miroirs des voitures. Nous sommes face au détournement d’un acte illégal qui devient acte poétique, un geste d’amour. La critique du rôle du deuxième sexe est ainsi subtilement dévoilée. L’héritage des luttes féministes apparaissent dans les questionnements de l’artiste. Ses revendications ne s’inscrivent pas dans un mouvement politique ou queer, ceux sont les cris d’une jeune femme contemporaine qui se confronte quotidinement avec un environemment qui classe et définit chaque être humain. Elle construit ainsi un monde idyllique où la femme est libre de jouer son role naïf. Cette naïveté est alors synonyme d’un geste d’une simplicité naturelle et candide.

Le spectateur devant la légèreté des images de ce récit contemporain, découvre la profondeur, intime et sensible, de sa signification.

Alice Planes vit et travaille à Paris.

texte : Tamara Vignati

alice planes 2010